le rcaaq / communications
Les communications du RCAAQ
Bulletin Vol 13, no° 3, juin 2004
Mouvement pour les arts et les lettres
Par Bastien Gilbert, RCAAQ
Bilan des actions entreprises avant le dévoilement du budget Séguin et pistes pour l'avenir.
Le début de l’année 2004 pourra être qualifié de période charnière pour le M.A.L. À travers une tourmente politique causée par un gouvernement quasi unanimement contesté, les organisations membres du M.A.L. ont fait abstraction du combat que mènent contre le gouvernement Charest plusieurs organisations sociales, syndicales, politiques pour éviter la catastrophe appréhendée lors du budget Séguin. Pour la première fois cette année, à l’occasion d’une campagne médiatique d’une efficacité sans précédent, le M.A.L. a mis l’accent sur une question budgétaire qui, bien que liée à la question du budget du CALQ, reléguait celle-ci au second plan. La bataille pour que le budget du ministère de la Culture et des Communications soit augmenté afin d’éviter des réductions de programme au MCC, au CALQ et à la SODEC était une première.
Le M.A.L. a de plus élargi son audience en devenant de plus en plus le porte-parole des artistes, artisans, écrivains et travailleurs culturels sur toute question intéressant les problèmes culturels. Non seulement le budget du CALQ, mais aussi la nomination de la nouvelle ministre du Patrimoine canadien, le filet de sécurité sociale ou tout débat sur la culture préoccupent le M.A.L.
Cela n’est pas sans soulever de nombreuses questions parmi les organismes qui le constituent. Et notamment celle-ci : la prio-rité doit-elle être mise encore et toujours sur le budget du CALQ ? Un tour de table sur cette question lors de la réunion du mardi 20 avril a confirmé que pour les membres présents, cette question demeure fondamentale. Malgré les avancées de la ministre Beauchamp sur le filet de sécurité sociale, celui-ci n’est vraiment intéressant que si les artistes peuvent travailler. Et c’est du CALQ que viennent une grande partie des sommes qui permettent aux créateurs de pratiquer leur art, d’en tirer des revenus et de payer à même ces revenus les avantages sociaux communs au reste de la société québécoise. Mais c’est aussi grâce à la SODEC, soutenant le cinéma ou les librairies, que les artistes peuvent travailler; ce sont aussi les crédits d’impôt encourageant les productions cinématographiques et télévisuelles ou le paiement des droits d’auteur qui permettent aux artistes et travailleurs culturels de s’offrir le fameux filet de sécurité sociale.
La participation enthousiaste des troupes du M.A.L. aux diverses manifestations publiques, assemblées et manifestations, à Montréal et à Québec, pendant que d’autres groupes, au Saguenay-Lac-Saint-Jean par exemple, insistaient pour mener aussi chez eux des protestations publiques, a aussi démontré que le M.A.L. est porteur des revendications des groupes qu’il représente. La sensibilisation des membres, la médiatisation et la représentation politique ont une fois de plus démontré à quel point ces trois axes de l’action du M.A.L. sont efficaces.
Au moment où ces lignes sont écrites, le M.A.L. sera présent à la Commission parlementaire sur la culture pour y présenter son point de vue sur les crédits qu’a votés l’Assemblée nationale en mars dernier. Les modifications aux lois sur le statut de l’artiste – aux dernières nouvelles fort peu satisfaisantes pour les associations d’artistes parce qu’elles ne font pas état de l’obligation de négocier des ententes collectives – seront aussi examinées par cette Commission.

