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Les communications du RCAAQ
Bulletin Vol 13, no° 3, juin 2004
Conseil des Arts du Canada : la réaction du RCAAQ
par Guylaine Langlois
La présidente du Regroupement des centres d’artistes autogérés du Québec adressait cette lettre au chef du Service des arts visuels du Conseil des Arts du Canada, monsieur François Lachapelle, le 27 mai dernier, à la suite de la récente évaluation au Progamme d’aide au fonctionnement des centres d’artistes autogérés. Réaction.
Lors de la conférence téléphonique à laquelle ont participé le mardi 12 avril dernier des représentants du Conseil des Arts du Canada et ceux des associations régionales de centres d’artistes, une première évaluation des résultats du Programme d’aide au fonctionnement des centres d’artistes autogérés a été faite. Le directeur général, monsieur Bastien Gilbert, nous a fait part de vos commentaires et explications sur le déroulement du comité consultatif, les critères appliqués, etc. Le RCAAQ soutient et apprécie les efforts du Service des arts visuels pour réunir un comité d’évaluation représentatif et compétent. Le RCAAQ est heureux aussi pour ses membres dont le travail a été jugé si positivement par le jury que certains ont connu des augmentations significatives. De même, sommes-nous satisfaits que le Service des arts visuels se préoccupe d’intégrer de nouveaux centres, cette fois-ci l’Écart, en Abitibi.
Toutefois, certaines politiques appliquées par le Service des arts visuels soulèvent quelques questions que nous souhaiterions discuter plus amplement, notamment au chapitre du versement des sommes non récurrentes, du nombre de centres ramenés à une évaluation annuelle, de l’historicité des résultats, des sommes plafonds et planchers et de la possibilité d’ajouter des sommes pour l’aide aux projets.
Lors de l’évaluation précédente en 2002, des sommes supplémentaires avaient été accordées, grâce à une subvention spéciale versée au Conseil des Arts du Canada par le Ministère du Patrimoine canadien. Votre service avait précisé que ces sommes n’étaient pas récurrentes tant que le programme Un avenir en art ne serait pas confirmé par le nouveau gouvernement canadien. Ces sommes avaient été versées pour soutenir la professionnalisation. Elles ont été versées lors de la dernière évaluation pour l’année 2004-2005 sous forme de « récompenses » aux centres s’étant classés parmi les quarante et un premiers. Cette redistribution a quelque chose d’étonnant puisqu’aucune évaluation des résultats de la professionnalisation pour laquelle ces sommes étaient versées antérieurement n’a été faite par le comité d’évaluation. Les suppléments ont tout simplement été versés aux plus méritants. Il nous semble qu’il y a là une incohérence qui mériterait d’être revue et corrigée.
D’autre part, si ces fonds deviennent permanents, madame Annie Gauthier nous a signalé qu’ils seraient laissés aux centres qui en ont été les bénéficiaires lors de la dernière évaluation. Ceux-ci obtiennent ainsi, d’une façon qui n’est pas suffisamment transparente, un avantage sur les autres centres, conservant comme un acquis des sommes allouées ponctuellement. Il nous semble que la solution la plus équitable concernant ces suppléments aurait été de les distribuer au prorata de l’ensemble des centres d’artistes reçus au programme d’aide. C’est la solution qu’avaient choisi d’appliquer d’autres services du Conseil des Arts du Canada et le Conseil des arts et des lettres du Québec lorsqu’il a reçu des sommes non récurrentes, en avisant tout un chacun que ces sommes n’étaient pas permanentes. La gestion en a été fort simple et a permis à tous de sentir les effets bénéfiques d’un financement accru de nos organismes.
Lors de la dernière conversation téléphonique que vous avez eue avec M. Gilbert, vous avez précisé que le recours à une évaluation annuelle n’était pas nécessairement une mesure punitive, qu’elle pouvait être le résultat d’une évolution si fulgurante d’un centre que le comité de pairs préférait revoir la situation après une année. Cependant, le retour à l’évaluation annuelle pouvait aussi résulter d’une évaluation artistique défavorable. Vous avez aussi affirmé que, lorsqu’il y a diminution de la subvention attribuée à un centre, celle-ci n’excède pas 10% dans le cas d’un centre dont c’est le premier avertissement. Lors d’un deuxième avertissement, cette diminution de subvention peut aller jusqu’au retrait complet de la subvention. Ces mesures de gestion du programme d’aide aux centres d’artistes semblent équilibrées et respectueuses d’une évaluation qui veut prendre en compte l’historicité des centres et se préoccupe de ne pas les déstabiliser. Nous nous permettons toutefois de vous signaler que l’attribution de sommes non récurrentes fragilise énormément la saine gestion des sommes dites permanentes.
D’autre part, plusieurs centres s’étonnent des conclusions des comités d’évaluation d’une année sur l’autre. Tel centre dont les activités étaient jugées enthousiasmantes par un premier comité consultatif se voit ensuite indiquer que ces mêmes activités lui valent une évaluation négative. Bref, trop souvent, un comité d’évaluation contredit le précédent ou le prochain. Cette façon de faire soulève la question de l’historicité des comités consultatifs où personne ne semble tenir compte de ce qui s’est dit ou écrit par le comité précédent. Les comités d’évaluation sont-ils habilités à juger que lorsqu’un centre remplit sa mission entre deux évaluations il mérite une évaluation semblable et un financement similaire?
L’un de vos objectifs était d’atteindre un niveau de financement de 100 000 $ pour les mieux soutenus et un plancher de 30 000 $ pour les plus bas. Au terme de la récente évaluation, ni l’un ni l’autre de ces objectifs que vous vous étiez fixés n’a été atteint. Quelle est votre position future concernant ces objectifs?
Enfin, bien que tous reconnaissent qu’ils soient avantageux de ne remplir qu’une demande d’aide au fonctionnement pour l’ensemble de leurs activités, il demeure très contraignant que les centres n’aient accès à aucun autre programme d’aide de projets, surtout pour ceux dont le financement est modeste. Ces centres aimeraient que le Service des arts visuels mette en place un programme d’aide de projets ponctuels qui leur permettraient d’élaborer des projets de plus d’ampleur et d’ainsi éviter un état de stagnation.

