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Les communications du RCAAQ
Bulletin Vol 13, no° 3, juin 2004
La politique culturelle de la Ville de Québec
Extrait du rapport de consultation publique sur l’avant-projet de Politique culturelle de la Ville de Québec, juin 2003
Le RCAAQ suit de près le processus d’élaboration des politiques culturelles municipales. Nous avons participé aux consultations publiques qui se sont déroulées à Québec du 16 octobre au 13 décembre 2002 et y avons défendu un mémoire. Un article d’André Gilbert, directeur du centre VU, paru dans l’édition de mars 2003 de ce Bulletin (vol. 12, no 2), indiquait la mobilisation d’une part importante du milieu professionnel réuni autour de la Table des arts visuels du Conseil de la culture des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches en faveur de la création d’un Conseil des arts municipal.
Nous savons pour le moment qu’officiellement la Ville de Québec a annoncé le dépôt de sa politique culturelle pour la fin juin. Il reste que les consultations ont polarisé les enjeux, et que le contenu de cette politique demeure très secret, plusieurs résistances demeurant fortes quant à la création d’un Conseil des arts.
Nous reproduisons ici l’extrait du rapport de consultation publique sur l’avant-projet de Politique culturelle de la Ville de Québec (juin 2003) consacré à la création d’un Conseil des arts (p. 34 à 36 du document). Ce rapport fait état des principaux points de vue exprimés par la population dans le cadre de cette consultation. Il a été déposé au conseil municipal le 16 février 2004 et a été acheminé à l’ensemble des personnes ou groupes qui y ont déposé un mémoire.
Extrait du rapport portant sur le Conseil des arts. Conseil des arts
La création d’un Conseil des arts dans la ville de Québec a stimulé le débat et a provoqué des réactions très claires et des prises de position solides quant à la pertinence, la composition et le rôle d’un tel organisme, tant dans les mémoires déposés que dans les interventions verbales lors des soirées de consultation dans les arrondissements et des audiences publiques.
La majorité des artistes et des organismes professionnels ont tenu à exprimer leur support pour la création d’un Conseil des arts, qu’ils ont qualifié d’« incontournable et non négociable » (Premier Acte). Selon eux, la création d’un Conseil des arts représenterait un geste concret par lequel la Ville se commettrait envers les artistes professionnels. De plus, un tel geste assurerait la pérennité du développement culturel et de l’engagement vigoureux que manifestent les autorités municipales actuelles pour la défense des arts et de la culture.
Ainsi, la plupart des intervenants et intervenantes qui se sont exprimés sur ce sujet se sont prononcés en faveur de la création d’un véritable Conseil des arts de la ville de Québec, lequel sera accompagné avec de vrais pouvoirs. Ils s’opposent, par conséquent, à la création d’un Conseil métropolitain des arts qui aurait seulement un rôle consultatif. La proximité est aussi l’un des arguments qui plaide en faveur de la création d’un Conseil des arts au niveau municipal et non pas provincial ou métropolitain.
« Les répondants municipaux sont pour nous LES spécialistes de la connaissance des lieux physiques de la ville de Québec, des ressources existantes, des contacts à établir pour obtenir des collaborations, arrangements, permis, autorisations, etc. » (Violette, Dominique)
« Je suis en faveur de la création du Conseil des arts de Québec pour les raisons suivantes :
Pour que l’art et la culture occupent toute la place qui leur est dévolue » […]
Pour susciter de nouveaux projets d’envergure » […]
Pour augmenter le financement des divers organismes de soutien aux artistes professionnels » […] Pour donner une nouvelle impulsion à l’art » […] (Garon, Benoît)
« Nous demandons toujours la création d’un tel conseil, d’abord parce qu’il s’agira d’un geste concret, d’une affirmation inconditionnelle de la place que doivent occuper les artistes dans la société québécoise. C’est un geste dont la portée symbolique est sans équivoque. » (Premier Acte)
« La création d’un Conseil des Arts constituerait un signe éloquent de la reconnaissance du rôle-clef de la pratique artistique professionnelle dans la vie culturelle de la cité » (Table des arts visuels du Conseil de la culture des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches)
« […] un organisme aviseur n’est pas un Conseil des arts, puisque selon la définition du Arts Council of England, ce doit être un organisme indépendant et apolitique travaillant de façon autonome (arm’s length) à distribuer des fonds publics aux artistes et aux organismes artistiques. » (Regroupement des centres d’artistes autogérés du Québec)
La majorité des personnes qui ont abordé ce sujet font également référence à l’obligation légale de créer un Conseil des arts, tel que prévu par la loi 170 sur les réformes municipales. Selon ces personnes, la politique culturelle proposée semble toutefois avoir abandonné la recommandation du Comité de transition a l’effet de créer un Conseil des arts destiné à valider l’ensemble des interventions de la Ville dans le secteur culturel. Plusieurs se demandent donc pourquoi la politique remet en question cette disposition légale, d’autant plus que le milieu désire fortement la création d’un Conseil des arts dans la capitale. Elles considèrent que l’adoption d’une politique culturelle représente précisément le moment idéal pour répondre à cette demande formulée par le milieu culturel depuis longtemps.
« Il y a longtemps qu’un tel conseil est attendu, sans compter qu’il est plus urgent que jamais de mettre la capitale à niveau par rapport à la métropole à ce chapitre. » (Musée du Québec)
« À cet égard, l’inclusion de la création d’un Conseil des arts dans la loi 170 a été considérée comme une grande victoire par le milieu culturel. Ce même milieu réagit donc avec surprise et incompréhension aux passages de l’avant projet de politique culturelle dans lesquels cette création est remise en cause, et où la Ville propose en lieu et place la création d’un « conseil métropolitain. » (Conseil de la culture des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches)
« Nous sommes également surpris de constater que la mise en place d’un prochain Conseil des arts fait encore l’objet de questionnements de la part des autorités municipales. Pourtant, le milieu artistique professionnel s’est clairement prononcé en faveur de cette nouvelle institution depuis fort longtemps. » (Théâtre de la Bordée)
« Cette question a été abondamment discutée en l’an 2001 dans le cadre des travaux du comité de transition de la Ville de Québec. Le Conseil des Arts est aussi, depuis des années, une réclamation que porte le milieu artistique professionnel. » (Gilbert, Bernard)
« C’est dans un tel contexte que le Mouvement pour les arts et les lettres appuie la création d’un Conseil des arts à Québec. » (Mouvement pour les arts et les lettres)
En plus de soutenir la création d’un Conseil des arts, quelques personnes considèrent qu’il est aussi important de bien définir, dès le début, son rôle et ses responsabilités, particulièrement en regard des critères d’attribution et de répartition des sommes destinées aux arts et à la culture. Selon ces mêmes personnes, le principal rôle d’un tel conseil est de distribuer les subventions aux différents organismes sur la base de critères objectifs. Un des atouts de ce type d’évaluation par les pairs est d’éviter l’arbitraire et de favoriser la transparence au niveau de l’attribution des fonds. Sur le plan du fonctionnement d’un tel organisme, il reste toutefois à décider si les subventions seront attribuées seulement aux organismes culturels ou si elles pouvaient se faire également sur une base individuelle.
On mentionne aussi qu’un tel organisme devrait être indépendant, qu’il devrait donc bénéficier d’une autonomie totale par rapport aux structures municipales. Pour avoir un impact réel, le conseil devrait être composé d’une équipe compétente, sensibilisée aux besoins spécifiques du milieu culturel et disposer des budgets alloués par les instances publiques pour le soutien et le développement culturel. Par contre, une approche novatrice permettrait de minimiser les coûts d’opération d’un tel organisme.
« […] la personnalité même d’un Conseil des arts exige la constitution d’un conseil qui lui confère une indépendance relative par rapport au conseil de la ville » (VIDERE – Association des artistes professionnels en art visuel de Québec)
« Ce Conseil des Arts devrait être un organisme indépendant bénéficiant de sa propre enveloppe budgétaire, dont le conseil d’administration soit représentatif du milieu artistique professionnel, et dont la principale fonction serait l’aide à la communauté artistique et culturelle professionnelle et l’appui à son développement. » (Table des arts visuels du Conseil de la culture des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches)
« Un Conseil des arts, muni des budgets pertinents, est capable de répondre aux besoins des centres d’artistes. Un conseil municipal, un Service de la culture, ne doivent pas s’arroger le droit exorbitant de décider qui mérite un soutien à la création. » (Regroupement des centres d’artistes autogérés du Québec)
« Il nous semble important, même à ce stade préliminaire de l’élaboration d’une politique culturelle, de ne pas perdre de vue ces distinctions. Car, tôt ou tard, elles auront des conséquences sur la répartition des sommes investies dans la culture. » (Association professionnelle des auteures et auteurs de Québec-Chaudière-Appalaches)
« […] non qu’il s’agisse d’un système idéal, mais c’est certainement le moins pire des systèmes… Nous ne croyons pas que la mise sur pied d’un véritable Conseil des arts engendre des coûts supplémentaires énormes, comme l’a bien démontré l’implantation du Conseil des arts et des lettres du Québec. » (Conseil des métiers d’art du Québec)
Certains bémols sont néanmoins exprimés par une personne par rapport à la création de jurys, compte tenu du fait que le milieu artistique est assez restreint dans certains domaines comme la danse, ce qui pourrait poser un problème d’objectivité.
L’idée de nommer cet organisme Conseil des arts et des lettres est également lancée, afin de s’assurer que le domaine des lettres sera inclus dans le champ de compétence de ce nouvel organisme.
Fin de l’extrait.
N.B. Selon Michel Choquette, directeur du Service de la culture de la Ville de Québec, la politique culturelle de cette ville sera rendue publique en septembre prochain. À la condition, bien entendu, que les défusions ne remettent tout le processus en question...

