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Les communications du RCAAQ

Bulletin Vol 14, no° 1, novembre 2004

Res Artis : résidences et centres d’artistes

par Bastien Gilbert

Du 10 au 16 août dernier, dans les villes de Sydney et de Melbourne, l’association internationale Res Artis tenait son congrès biennal. Soixante-dix représentants de lieux consacrés aux résidences d’artistes en provenance de 26 pays étaient présents. Le directeur du RCAAQ aussi.

Le RCAAQ est membre de Res Artis depuis quelques années. Au Québec, Est-Nord-Est, le CALQ et le RCAAQ y cotisent annuellement. Le RCAAQ y représente ses membres – en particulier ceux qui accueillent des artistes en résidence. À l’occasion de la rencontre organisée en Australie, le RCAAQ a publié une affiche bilingue qui présente les centres concernés par les résidences et précise les modalités d’accueil définies par chacun. L’affiche-dépliant a été distribuée à tous les membres de Res Artis et aux intervenants réunis là-bas, comme une carte de visite invitant à créer des ponts.

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À la différence de la dernière assemblée qui s’était tenue à Helsinki en 2002, l’Europe était quasiment absente de celle-ci; par contre, des représentants de la Chine, du Japon, de la Corée, des Philippines étaient venus en nombre. Le congrès de Res Artis est l’occasion pour ses membres de se rencontrer et de connaître de nombreux lieux d’art du pays d’accueil. En résidant dans les deux premières villes d’Australie, les participants ont pu visiter la Biennale de Sydney, le Musée d’art contemporain de Sydney, la Art Gallery of New South Wales, aussi bien que le centre d’art Artspace, hôte de la conférence, le Boomali Aboriginal Artists’ Co-op ou le Asia-Australia Arts Centre. À Melbourne, c’est le Gertrude Contemporary Art Spaces qui prenait en charge les membres présents. Melbourne, c’est aussi la magnifique et toute neuve National Gallery of Victoria (NGV), qui comprend aussi bien le Ian Potter Centre, dédié à l’art aborigène, que le superbe Australian Centre for the Moving Image (ACMI). Melbourne compte aussi plusieurs espaces gérés par des artistes (artist-run spaces) dont la structure rappelle quelque peu la nôtre : conseil d’administration, comités de sélection, établissement dans des édifices recyclés ou industriels. Cependant, on ne verse pas de droits aux artistes, à qui sont loués les espaces (entre 400 $ et 800 $ par expo chez Westspace). Les subventions annuelles sont accordées aux projets plutôt qu’au fonctionnement et la vente d’œuvres est pratique courante. Les gens connaissent les conditions des centres d’artistes au Canada et il leur semble que nous habitons un pays de Cocagne!

À Melbourne, Westspace, un centre d’artistes disposant de trois espaces, est prêt à un échange d’artistes avec un partenaire québécois. Avis aux intéressés. Contacter Brett Jones ou Michael Grave. À Sydney, Artspace aimerait mettre sur pied un programme permanent de résidence avec le Canada, par l’entremise du Conseil des Arts. Nicholas Tsoutas, le directeur du centre, favoriserait ce genre d’échanges avec la chambre blanche ou la Filature, dont il a beaucoup apprécié les lieux lors de sa visite au Canada et au Québec, le printemps dernier.

Et Res Artis ? L’association s’est donné un statut légal et un siège social, fixé depuis 2003 à Amsterdam. Depuis deux ans, son président est Clayton Campbell, directeur du 18th Arts Center de Los Angeles, et la seule employée permanente de Res Artis, Maria Tuerlings, directrice générale de Trans Artist à Amsterdam, agit également comme secrétaire de l’association. Après dix ans d’existence, Res Artis se cherche une nouvelle vocation. Le nouveau président s’est donné le mandat d’élargir le membership de Res Artis et d’y inclure les lieux consacrés aux résidences d’artistes plus ouverts aux nouvelles tendances et réalités, qui s’expriment notamment en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Une bourse de la Fondation Ford va permettre à Res Artis de réaliser cet objectif, notamment en diminuant ses tarifs d’adhésion.

Lors de l’assemblée générale, des résolutions ont été prises pour donner à l’association plus de visibilité et un plan quinquennal d’organisation sera mis en place. Son site Internet a été rajeuni. Une réunion dite régionale aura lieu à Berlin en octobre 2005. À cette occasion, on compte organiser la retransmission en direct des vernissages et des ouvertures de résidences dans le monde, organisées dans chaque fuseau horaire. Un non-stop de 24 heures. Enfin, 2006 verra-t-il Res Artis se réunir à Montréal ? Cette possibi-lité a été évoquée et reçue avec intérêt par nos collègues de Res Artis sondés à ce sujet. Le RCAAQ pourrait être l’organisme d’accueil. Un hic cependant : c’est le pays d’accueil qui trouve le financement pour cette réunion. Et cela ne peut se faire qu’avec l’accord et le soutien de nos partenaires habituels, dont le Conseil des arts et des lettres du Québec, qui est aussi membre de Res Artis. Le CALQ ne s’est pas montré très favorable à l’idée de financer une partie de ce congrès international. Il faudra donc en rediscuter avec les membres et avec le CALQ. Ce serait tout de même entre 100 et 150 décideurs des arts visuels qui viendraient prendre contact avec le Québec.

Enfin, participer à Res Artis, c’est aussi visiter des résidences. C’a été le cas à Artspace qui compte une dizaine d’ateliers d’artistes et une résidence, ainsi qu’au Gertrude Contemporary Art Spaces, où la quinzaine d’artistes avaient ouvert leur atelier aux visiteurs. Le clou de ce séjour reste cependant la visite de Bundanon, dont le programme d’artistes en résidence se déroule dans le cadre exceptionnel d’une propriété donnée à l’État australien par un grand artiste décédé depuis, Arthur Boyd. Cinq artistes y reçoivent logement et atelier. On peut soumettre sa candidature au Bundanon Trust qui sélectionne ainsi une soixantaine d’artistes chaque année pour des séjours de quatre à six semaines.

Et puis en 2006, Melbourne sera l’hôte des Jeux du Commonwealth, lesquels devraient contenir un volet culturel. Bien que le bureau canadien de ces jeux dispose de peu d’information en ce moment, il serait bon de s’informer auprès d’eux au 613.244.6868, d’autant plus qu’il y a une quinzaine de centres d’artistes à Melbourne dont vous trouverez les adresses sur notre site et avec qui des échanges peuvent être facilités à l’occasion de ces jeux.

1.Nicholas Tsoutas, directeur de Artspace Visual Arts Centre, Sydney, et hôte de la conférence de Res Artis.
2. Discussion entre Nicholas Tsoutas et l’organisatrice de la conférence.
3. Le comité exécutif à l’occasion de l’assemblée générale de Res Artis : le président, Clayton Campbell, le vice-président, Rudolf Brünger, la trésorière, Susanne Fetscher, et la secrétaire, Maria Tuerlings.
4. Vue d’Artspace, sur le port de Sydney.
5. Maria Tuerlings, secrétaire de Res Artis.
6. Discussion au Boomali Aboriginal Artists’ Co-op, Sydney.
Photos : Bastien Gilbert